La maison des crayons (première partie)

La maison des crayons
Mise en abîme

En octobre à Schaerbeek, une maison s’est ouverte au collectif Créons, celui-là même qui parsème Bruxelles et d’autres villes de crayons multicolores

C’est au numéro 33 de la rue van Hoorde qu’une ribambelle de crayons a pris ses quartiers. Pour visiter cette maison, c’est Obetre (dont nous avions déjà parlé dans un autre article) qui nous a servi de guide. Il a découvert l’expo 30 minutes avant les visiteurs, c’est donc ses impressions – celle d’un artiste, d’un tagueur, d’un sociologue aussi – mêlées aux nôtres que je vais partager avec vous.

Bienvenue!

À l’entrée de la demeure, un crayon nous souhaite la bienvenue.
Un texte, écrit par le collectif précise qu’il s’agit là d »une extension éphémère prenant la rue comme essence » et nous rappelle qu’à la base le graffiti n’est pas légal.
La première pièce était vide … ou presque. En réalité, elle contenait juste un putching-ball. Mais pas n’importe lequel : un en forme de crayon, suspendu au milieu de la pièce. Est-ce un défouloir pour ceux qui en voudraient au collectif? Libre à chacun d’interpréter!

La maison des crayons
Bienvenue

Mise en abîme

En continuant la visite, on rentre dans une pièce surprenante. Les murs ont été rafraîchis, les lieux ont été nettoyés (on se sent bien accueilli) mais il règne pourtant cette ambiance particulière qu’on ne retrouve que dans les lieux qui ont été abandonnés et par la suite, « squattés » par des graffeurs. Sur les murs de cette pièce on voit donc un crayon en train de peindre. Il peint le mur que nous, visiteurs, découvrons en entrant dans la pièce. Un crayon blanc se trouve à la croisée des chemins, il semble se demande où il doit aller. Sur des flèches sont indiquées les « directions » suivantes : passer, croire, errer, fuir, agir, Rome, creuser, douter, pouvoir, retour, devenir, tenir, rêver, subir, déviation, oublier.

Contrairement aux crayons que l’on croise en ville, la mise en scène est plus étudiée, la peinture plus soignée. On sent que le temps, qui peut parfois être le pire ennemi du graffeur, n’a pas eu cours ici. Pourtant Obetre a souligné que « bien qu’on ne soit pas dans la rue, on en est pas loin car les artistes ne sont pas là pour commenter leur travail« . Pour des graffeurs, ce n’est pas forcément facile de passer du « mur au tableau », il s’agit d’un choix philosophique, parfois politique.

Mine de rien

C’est ainsi que s’intitule cette exposition et mine de rien … c’est plutôt bien trouvé!
En prenant les escaliers qui mènent à l’étage puis qui nous font passer dans la deuxième partie de la maison, une nuée de tableaux défilent devant nos yeux. Il s’agit pour la plupart de classiques de l’histoire de l’art dans lesquels des crayons se sont glissés. Dans « art de rue », il y a art, ne l’oublions pas!

On arrive ensuite dans une pièce participative. En son centre se trouve un crayon grandeur nature qui, assis devant un chevalet, a esquissé les contours d’une bougie. Autour de lui, des toiles émanant de différents artistes, graffeurs, tagueurs reprennent cette thématique.

 

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La suite très prochainement!

Infos pratiques :
L’exposition est encore ouverte jusqu’au 26 octobre! Profitez-en!
Pour plus de renseignements, cliquez ici.

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