Parfois, j’apprends à regarder

Parfois, j'apprends à regarder
Autruche. Paris, juillet 2014.

Parfois on a les yeux ouverts mais on est comme aveuglé par la banalité du quotidien. Puis, de temps en temps, on ouvre les yeux …

Parfois, j'apprends à regarder
« Le plus incroyable n’est-il pas que nous ne croyons pas encore « . Bruxelles, novembre 2014.

Parfois oui, parfois non

Parfois, je marche vite, tout droit, la tête ailleurs, les écouteurs vissés dans les oreilles. Je ne regarde rien, ou presque. Seul les obstacles qui se dressent involontairement sur mon chemin (humains, poussettes, feux de signalisation) sont dans ma ligne de mire.

Mais parfois, il m’arrive d’éteindre mon mp3 pour laisser place à la musique urbaine.La gomme d’un pneu couinant sur l’asphalte, une conversation passionnée dans une langue que je ne comprends pas, les jappements heureux d’un chien partant en balade, les sirènes aux allures new-yorkaises de la police bruxelloise ou encore les gazouillis d’un bébé s’émerveillant de ce monde plein de nouveautés.

S’émerveiller … encore et encore!

C’est justement à la manière d’un jeune enfant que parfois je regarde la Ville (la majuscule est volontaire, la Ville pouvant quand on la regarde bien, être une entité à part entière). Je m’étonne qu’un graffeur soit monté si haut sur le toit d’un immeuble afin d’y dessiner une autruche ou de taguer son pseudonyme. Je suis impressionnée en voyant tant d’imagination déployée pour que les flops d’un tagueur spécifique soit toujours différents, tant dans les couleurs que dans les formes. Je scrute chaque recoin, chaque boîte aux lettres, chaque poteau afin d’y retrouver la signature de la personne que je « suis » (du verbe suivre) sur le moment. Je lis des messages dont j’aurais aimé être l’auteure.

Parfois, j’apprends à regarder.

Et vous, que voyez-vous quand vous marchez dans la Ville?

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